Ce billet est tout entier dédié à nico qui m'a posé la question en commentaire. Rendons-lui grâce, et répondons tout de suite à cette Grande Question sur la Vie, l'Univers et le Reste (mais surtout le Reste).
Ça va être intéressant parce qu'un peu biographique. Comme chacun le sait, je suis un sacré égocentrique et j'aime parler de moi, vous n'allez par conséquent pas être déçus.
Remontons quelques années en arrière. Je n'habitais même pas à l'endroit où j'habite actuellement, j'ignorais même qu'on puisse programmer des jeux vidéo, et pourtant cette question m'avait souvent traversé l'esprit. En ce temps là, je devais être âgé de 5 ans environ. Je m'en rappelle parce qu'à cette époque, passait encore à la TV la mythique publicité de Sega pour le jeu Olympic Gold sur Sega Megadrive.
À cette époque, il me semble bien que "Sega, c'est plus fort que moi". Pourtant, si je connaissais bien les ordinateurs grâce au Macintosh de mon père, j'étais convaincu que les seuls jeux existants sur cette plateforme n'étaient que des jeux de machine à sous ou de solitaire (ainsi qu'un jeu auquel j'espère rejouer un jour : Airborne!)
Un jour, impossible de me rappeler quand, mon père nous a ramené à la maison un IBM PC. Je n'avais pas abandonné pour autant ma vieille Megadrive, ainsi que le Game Gear. À cette époque ou déjà une console portable offrait un écran plus gros et en vrai couleur que le bon vieux Game Boy de Nintendo, j'avais du mal à comprendre le succès de ce dernier, et je suis donc passé à côté de mythes tels que Mario, Rygar, Castlevania, Final Fantasy et tant d'autres, remplacés par d'autres héros bien plus colorés : ce bon vieux Sonic, le prince Ali de La Légende de Thor, Earthworm Jim, Donald Duck dans le tout aussi mythique Quackshot, et d'autres encore.

L'IBM PC donc, qui m'offrit un premier aperçu de ce à quoi on pouvait jouer sur un ordinateur, avec une souris. Les jeux d'aventure, et Indiana Jones, un de mes héros de films préférés. Je jouais aussi à Lemmings, quand il voulait bien se lancer, car à l'époque, Windows, on ne connaissait pas. On tournait sous DOS avec une interface étrange.
Avançons dans le temps, voulez-vous ? Nous sommes en 1995, Windows 95 vient de sortir (ce sera sans doute l'une des versions que j'aurai utilisé le plus longtemps), mon père a acheté un PC flambant neuf. Un Pentium MMX 133Mhz, 64Mo SDRAM, disque dur 2Go. Autant dire une vraie bombe. Du haut de mes 7-8 ans, je jouais à des jeux éducatifs fournis avec le PC, notamment l'un d'eux qui m'a fort marqué : Gus va à Cyberville, dont vous voyez une capture (oui, le chien c'était Gus). D'autres jeux d'aventure, dont certains les plus mythiques : Monkey Island, Sam & Max Hit the Road (un des jeux qui m'a vraiment fait faire pipi dans mon slip à force de rire, et j'ai pas honte de le dire !), et d'autres choses comme Outlaws, mon premier FPS, qui se déroulait dans un environnement western, très "Le Bon, la Brute et le Truand". On pouvait shooter des poules, qui explosaient dans un ultime "coooot !", ce qui amusait beaucoup ma mère. Je l'ai toujours et je l'ai re-terminé il n'y a pas longtemps.
Vous remarquez déjà que la Megadrive est passée au second rang. Sur ma liste, bien que je n'aie acquis La Légende de Thor (pour Megadrive) qu'un peu plus tard. Toutefois, je commençais fort bien à entrevoir le type de jeux qui ne pouvaient pas voir le jour sur console. Les jeux d'aventure en Point & Click en faisaient partie.
Je passe une petite parenthèse pour Dune. Dune, premier jeu vidéo du nom, m'a été offert par mon parrain, Patrice qui nous a quittés trop tôt... Je lui dois une grande partie de cet amour des jeux video, il m'a transmis peu de vive voix, mais ce peu a germé et m'a offert des heures de bonheur qui me permettent de garder sa mémoire. Pour ça, et plein d'autres moments... Dune, une sorte de RTS/Gestion, un truc génial, assez dur, mais magnifique. Un jour, j'ai acheté une boîte qui regroupait Dune 1 et Dune 2, le célèbrissime Dune 2, premier RTS en temps réel. Cette boîte doit valoir un certain prix aujourd'hui... Dune 2, mon premier RTS justement, connu à peu près en même temps que Alerte Rouge, un excellent RTS qui m'a appris le concept de paradoxe temporel avant Retour vers le Futur, et d'uchronie. Un autre jeu dans ma mémoire est Wetlands, qui est le premier jeu qui m'a vraiment choqué par la présence de sang dans ses cinématiques toutes en dessin animé. Avec le recul, il n'y a rien du tout (la coéquipière du héros a pourtant une poitrine assez impressionnante), mais ce jeu n'a pas pris une ride, jugez plutôt.
A partir de là, ce n'est plus qu'une longue succession de différents genres. La découverte du jeu de simulation économique avec Pizza Tycoon, grâce auquel j'ai nourri un moment l'ambition de devenir un magnat de la pizza. La possibilité de devenir virtuellement quelqu'un d'important, que ce soit par le travail, le gain ou simplement l'acte héroïque (j'ai dû sauver le monde un paquet de fois, mine de rien...) était ce qui m'attirait le plus dans le jeu. Le space opera, avec Rebel Assault, la tactique avec Jagged Alliance (dont je suis fan aujourd'hui) et plein d'autres trucs, comme ma période Tamagotchi avec Catz et Dogz.
Plus tard, j'ai découvert comment on crée un jeu vidéo. J'en ai eu l'aperçu grâce à un vieux RPG sur lequel je suis resté plutôt actif, Dink Smallwood. Si vous cherchez "Julian Dink" sur Google, vous tomberez sur Dink Traduction, dont la vocation était de créer des traductions des Mods disponibles pour Dink Smallwood. Aujourd'hui, le site est mort, mais le webmaster du site travaille sur un port Linux...
Il m'est également impossible de ne pas m'arrêter sur l'un des plus beau monuments vidéoludiques français : Little Big Adventure, dont vous pouvez admirer les captures en cliquant ici. Évidemment ces captures sont en anglais, mais le jeu est bien en français et est l'œuvre d'un français, Maître Frédérick Raynal, auteur également de Alone in the Dark, premier du nom. Ça vous dit quelque chose, je crois ?
Je vais m'arrêter là pour conclure : vous comprenez pourquoi je préfère le PC aux consoles : il se trouve que j'ai été happé par le PC au moment exact où il était sur le point d'apporter les plus grandes perles du jeu vidéo de l'époque. Et comme des perles il en sort à peu près tous les ans (sauf quelques mauvaises années), je ne suis pas ou peu revenu vers les consoles... Je n'ai pas connu le formidable engouement de la Playstation 1, ni même celui de la Dreamcast (hélas), ni même celui de la Nintendo 64. En revanche, la sortie du Game Boy Color, très tardive derrière le Game Gear pourtant, a été le signe d'un petit retour. Pokémon a été un truc qui ne m'a pas lâché un bon moment. Depuis, la PS2 est la seule console qui m'ait vraiment intéressé, mais uniquement pour les gros titres inexistants ailleurs, comme la série Metal Gear Solid.
Merci de m'avoir suivi dans les méandres de ma mémoire vidéoludique. J'espère que vous comprenez mieux mes ressentiments à l'égard de ces saloperies de consoles new-gen. Quoique, la Wii c'est fun à plusieurs il faut l'admettre.
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